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Cigarette électronique en avion, de la valise à l'arrivée

Guide signé Salomé Keller · · 8 min à lire avant le départ

Cigarette électronique en avion, de la valise à l'arrivée
Cliché : Nina Cuk / Unsplash

Un vol se découpe en plusieurs temps, et la vape ne pose pas la même question à chacun. La veille, il faut choisir le bon sac. Au filtre de sûreté, les liquides sortent du bagage. En cabine, un geste machinal peut mal tourner, et l’escale obéit parfois à une autre loi que l’aéroport de départ. Voyager avec une cigarette électronique en avion se prépare donc dans l’ordre du trajet, pas avec une liste de règles retenues en vrac.

Cigarette électronique en avion, la règle valable de bout en bout

Oui, la cigarette électronique monte à bord, mais seulement en cabine. La page de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) consacrée aux articles réglementés en avion précise que les e-cigarettes et leurs batteries de rechange ne doivent en aucun cas voyager dans les bagages enregistrés.

Le même texte pose trois conditions qui accompagnent le voyageur jusqu’à l’atterrissage. Chaque accu de rechange est protégé individuellement contre les courts-circuits, aucune batterie au lithium ionique ne dépasse 100 Wh, et l’appareil reste en position éteinte, sans jamais être rechargé à bord.

Ce socle n’est qu’un minimum, car chaque compagnie a le droit d’être plus stricte. Préparer une cigarette électronique en avion consiste donc à superposer deux lectures, celle de la règle commune et celle du transporteur, puis à les appliquer étape par étape.

La veille du départ, préparer le sac cabine

Presque tout se décide à la maison, au calme, avant de fermer le sac. Trois vérifications suffisent, et chacune évite un problème précis plus tard dans la journée.

Compter l’appareil et les accus

Air France illustre bien l’écart possible entre deux transporteurs. La compagnie admet jusqu’à 15 appareils équipés d’une batterie et 20 batteries de rechange par passager, demande que les cigarettes électroniques voyagent dans des étuis adaptés, et interdit leur utilisation comme leur recharge pendant le vol.

Chez easyJet, la page consacrée aux marchandises dangereuses limite à deux les batteries de rechange admises en cabine avec une cigarette électronique. Un vapoteur qui part avec une box à deux accus et quatre accus de rechange reste dans les clous chez l’une et dépasse chez l’autre. La parade tient dans la lecture de la page de sa compagnie, et de chaque compagnie en cas de correspondance.

Isoler chaque accu

Un accu de rechange ne voyage jamais nu. Le texte de l’aviation civile cité plus haut accepte l’emballage d’origine, un ruban posé sur les bornes, ou une pochette de protection ou un sac plastique distinct pour chaque accu. Un boîtier rigide à un emplacement par accu remplit la même fonction et résiste mieux à l’écrasement d’un sac plein.

L’appareil, lui, se range éteint, bouton à l’abri d’une pression accidentelle, dans un étui rigide plutôt qu’au fond d’une poche. Une box verrouillée n’est pas une box éteinte, et c’est bien la position éteinte qui est demandée.

Regrouper les liquides

Au départ d’un aéroport de l’Union européenne, le portail officiel Your Europe rappelle la règle des liquides en cabine. Chaque contenant fait 100 ml au plus, et tous tiennent dans un sac transparent refermable d’un litre. Les flacons d’e-liquide rejoignent donc ce sac, avec le dentifrice et le reste.

Ce sac se glisse en haut du bagage, là où il sort en deux secondes. Les grands formats et les bases pour mélanges maison restent chez soi. Avant de boucler le sac, un passage dans AIRBAG, l’application de l’aviation civile qui recense les articles interdits ou réglementés au départ de France, lève le doute sur un objet précis.

Au contrôle de sûreté, un passage sans surprise

Au tapis, deux objets demandent un geste. Le sac de liquides sort du bagage et se pose seul dans un bac. La cigarette électronique et les boîtiers d’accus restent regroupés dans une même pochette, facile à ouvrir si l’agent le demande.

Ce que disent une application ou la page d’une compagnie n’a pas le dernier mot à ce stade. Lorsqu’un doute subsiste, la décision d’autoriser un article en salle d’embarquement revient aux agents de sûreté. Un matériel propre, éteint et rangé réduit simplement les occasions de doute.

À la porte d’embarquement puis en cabine

Une fois la sûreté franchie, le risque change de nature. Il ne tient plus au contrôle mais à deux situations banales, un bagage envoyé en soute au dernier moment et un appareil qui se réveille pendant le vol.

Si le sac cabine part en soute

Sur un vol complet, la compagnie peut placer des bagages cabine en soute faute de place dans les coffres. L’aviation civile demande alors au passager de signaler la présence d’e-cigarettes, d’accus de rechange et de batteries externes, afin de les garder avec lui. Le plus simple reste de les sortir avant de tendre le sac, et de les glisser dans le petit sac conservé sous le siège.

Pendant le vol

Pendant le vol, on ne vapote pas et on ne recharge pas la cigarette électronique, pas même sur la prise USB du siège. Elle reste éteinte, de préférence dans son étui, et non dans une poche où des appuis répétés pourraient la déclencher.

Les incidents rapportés à l’aviation civile montrent pourquoi. Une e-cigarette restée allumée a été retrouvée en surchauffe sous un siège, une autre a commencé à brûler la poche du blouson de son propriétaire. Si l’appareil glisse entre les sièges, la consigne est de ne pas manœuvrer son siège et de prévenir aussitôt l’équipage, formé à ce type de situation.

À l’escale, une autre juridiction

Une correspondance n’est pas un simple couloir. Selon l’aéroport, les bagages cabine repassent un contrôle avant le vol suivant, et la loi du pays d’escale peut alors s’appliquer, même sans franchir la frontière.

Singapour en offre l’exemple le plus net. La fiche Conseils aux voyageurs de France Diplomatie indique que les sanctions visant la possession de cigarettes électroniques s’appliquent aussi aux voyageurs en transit qui en transportent dans leur bagage cabine, puisque ce bagage repasse un contrôle avant le vol de correspondance. Un billet via Singapour se prépare donc comme un séjour sur place, et notre dossier sur les pays où la cigarette électronique est interdite détaille les autres cas à surveiller.

À l’arrivée, la loi locale prend le relais

L’atterrissage ne clôt pas le sujet, il en ouvre un autre. Le droit de transporter une cigarette électronique en avion ne dit rien du droit de la faire entrer dans le pays, ni de s’en servir en sortant du terminal.

Certaines compagnies le signalent d’elles-mêmes. La page d’Air France citée plus haut rappelle que les cigarettes électroniques sont strictement interdites en Inde, et qu’elles ne peuvent donc y être transportées ni en cabine ni en soute. L’absence d’une telle mention ne vaut pas feu vert pour autant.

Le vol retour mérite la même attention. L’application AIRBAG ne vaut que pour les départs de France et laisse de côté les règles douanières. Au retour, l’aéroport étranger applique sa propre réglementation, à relire avant de reprendre l’avion.

FAQ

Cinq questions reviennent souvent au comptoir d’enregistrement ou dans l’avion, et les étapes ci-dessus ne les tranchent pas toutes.

Faut-il déclarer sa cigarette électronique à l’enregistrement ?

Aucune démarche particulière n’est demandée pour un appareil et des accus qui restent sous 100 Wh. L’accord préalable de la compagnie concerne les batteries plus puissantes, bien au-delà d’un accu 18650, qui stocke une dizaine de wattheures.

Peut-on vapoter dans les toilettes de l’avion ?

Non. L’interdiction d’utiliser une cigarette électronique couvre toute la durée du vol et tout l’avion, toilettes comprises. Il faut attendre d’être sorti du terminal et d’avoir repéré un endroit où c’est permis.

Une cigarette électronique sans nicotine suit-elle les mêmes règles ?

Oui. Les règles aériennes visent l’appareil et sa batterie au lithium, pas le contenu du réservoir. Le taux de nicotine ne change rien au rangement en cabine ni à l’interdiction de recharge.

Un pod à batterie intégrée se traite-t-il comme une box à accus ?

Oui pour l’essentiel. La batterie ne se retire pas, donc l’appareil entier voyage en cabine, éteint et protégé. Seule différence, aucun accu de rechange n’est à compter ni à isoler.

Peut-on garder sa cigarette électronique dans une poche pendant le vol ?

Sur soi, oui, et certaines compagnies le demandent. Une poche de blouson n’offre pourtant aucune protection contre un déclenchement accidentel. Mieux vaut un étui rigide, rangé dans le sac posé sous le siège de devant.

Voyager avec sa cigarette électronique en avion, les gestes dans l’ordre

Le trajet tient en cinq temps. La veille, on compte et on isole les accus, puis on range les flacons dans le sac d’un litre. Au contrôle, ce sac sort du bagage. À la porte, la vape et les batteries restent avec soi si le sac part en soute.

En vol, l’appareil reste éteint, sans vapotage ni recharge. À l’escale puis à l’arrivée, c’est la loi du pays qui décide, et elle se vérifie avant de réserver. Prendre une cigarette électronique en avion devient alors une routine, que l’on retrouve pour le rangement du matériel comme pour la recharge loin de chez soi.

Prochaines étapes

Contenu éditorial d’Éther Nomade, écrit pour des lecteurs majeurs. La plupart des produits du vapotage contiennent de la nicotine, qui rend dépendant. Ce guide de voyage n’est en rien une recommandation d’achat.